Le Comité Militaire de Redressement pour le Progrès National : 1980-1982

Colonel Saye Zerbo

    La reprise du pouvoir par les militaires suscite l'enthousiasme des nombreux mécontents de la IIIe République. Le colonel Saye Zerbo, ancien ministre des Affaires Etrangères du gouvernement de transition, est porté à la tête du CMRPN. Il s'engage résolument dans une politique tournée vers les campagnes, avec un certain succès au départ, et il tente une moralisation de la vie publique. Mais la popularité du régime s'émousse très vite, surtout à cause des restrictions du droit de grève et des mesures tendant à limiter l'émigration. Au sein de l'armée, un conflit larvée naît entre les colonels et les capitaines, dont certains font pour la première fois leur apparition sur la scène politique, tel le capitaine Thomas Sankara, nommé secrétaire d'Etat à l'information. Avec sa démission fracassante cinq mois plus tard, la crise devient ouverte. Le dénouement survint en novembre 1982, par un coup d'Etat qui porte les jeunes officiers au pouvoir. C'est l'avènement du Conseil du Salut du Peuple (CSP).


Colonel Saye Zerbo


La reprise du pouvoir par les militaires suscite l'enthousiasme des nombreux mécontents de la IIIe République. Le colonel Saye Zerbo, ancien ministre des Affaires Etrangères du gouvernement de transition, est porté à la tête du CMRPN. Il s'engage résolument dans une politique tournée vers les campagnes, avec un certain succès au départ, et il tente une moralisation de la vie publique. Mais la popularité du régime s'émousse très vite, surtout à cause des restrictions du droit de grève et des mesures tendant à limiter l'émigration. Au sein de l'armée, un conflit larvée naît entre les colonels et les capitaines, dont certains font pour la première fois leur apparition sur la scène politique, tel le capitaine Thomas Sankara, nommé secrétaire d'Etat à l'information. Avec sa démission fracassante cinq mois plus tard, la crise devient ouverte. Le dénouement survint en novembre 1982, par un coup d'Etat qui porte les jeunes officiers au pouvoir. C'est l'avènement du Conseil du Salut du Peuple (CSP).



Le Conseil du Salut du Peuple (CSP) ou la phase transitoire vers les bouleversements politiques (1982-1983)

C'est l'une des périodes les plus agitées de l'histoire du Burkina Faso. Assaillis par divers courants politiques, les jeunes militaires hésitent entre le retour à une vie constitutionnelle normale et le basculement du pays dans la voie progressiste. Le premier camp est représenté par le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, porté à la tête de l'Etat et soutenu par une frange importante de la haute hiérarchie militaire et le second par Thomas Sankara, son Premier ministre, qui bénéficie du soutien des jeunes officiers et de l'appui des organisations civiles marxisantes.

C'est l'une des périodes les plus agitées de l'histoire du Burkina Faso. Assaillis par divers courants politiques, les jeunes militaires hésitent entre le retour à une vie constitutionnelle normale et le basculement du pays dans la voie progressiste. Le premier camp est représenté par le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, porté à la tête de l'Etat et soutenu par une frange importante de la haute hiérarchie militaire et le second par Thomas Sankara, son Premier ministre, qui bénéficie du soutien des jeunes officiers et de l'appui des organisations civiles marxisantes.


Le Médecin Commandant
Jean Baptiste Ouédraogo

La crise s'amplifie avec l'arrestation du capitaine Thomas Sankara et de ses compagnons. Les jeunes de Ouagadougou , la capitale envahissent les rues pour réclamer leur libération. Pour contrer la popularité du camp des jeunes officiers, celui des modérés organise une contre-manifestation et libère tous les prisonniers politiques incarcérés depuis l'époque du CMRPN, dont Sankara et ses amis. Mais il est trop tard : l'Etat est fragilisé et l'armée divisé.

Le 4 août 1983, les militaires du Centre d'entraînement commando(CNEC) de Pô, au sud du pays, sous la conduite du capitaine Blaise Compaoré, prennent d'assaut Ouagadougou. Le Conseil National de la Révolution (CNR) est alors proclamé.


Le conseil national de la révolution ( CNR ):1983-1987