Les années Lamizana :1966-1980

Elles durent près de seize ans sans discontinuer, mais ne sont pas homogènes sur les plans constitutionnel et politique. Plusieurs types de régimes se succèdent durant son règne ; correspondant à la périodisation suivante :


  • 1966-1970 : Gouvernement militaire provisoire
  • 1971-1974 : Ile République
  • 1974-1976 : Gouvernement de renouveau national
  • 1976-1978 : Gouvernement "de transition" et Gouvernement "d'union nationale"
  • 1978-1980 : Ille République

Général Aboubacar Sangoulé lamizana


Le Gouvernement militaire provisoire :1966-1970

La prise du pouvoir par le commandant Lamizana donne lieu à la formation d'un gouvernement militaire provisoire, émanation du Conseil Supérieur des Forces Armées. La Constitution est suspendue, l'Assemblée Nationale et les Conseils Municipaux dissout , les partis politiques interdits.

La première tâche à laquelle s'attelle le nouveau gouvernement est l'assainissement des finances publiques et le redressement de la situation économique. Les mesures d'austérité préconisées auparavant sont appliquées avec beaucoup de rigueur, mais acceptées par les fonctionnaires bien qu'ils perdent un demi-mois de leur revenu annuel. Le train de vie gouvernemental et celui de l'Administration sont réduits à leur strict minimum. Finalement, le déficit budgétaire est résorbé en 1969. L'Etat renforce sa participation dans plusieurs secteurs économiques, culturels et sociaux tels l'électricité, l'eau, le cinéma, les banques, les assurances etc.

Le pays est doté d'une nouvelle Constitution qui associe les civils à l'exercice du pouvoir et octroie le tiers des postes ministériels et celui de Chef de l'Etat à des militaires. Il est prévu que ceux-ci doivent rejoindre les casernes à l'issue d'une période transitoire de quatre années, c'est-à-dire en 1970.

La Ile République :1971-1974

Trois partis dominent alors le paysage politique voltaïque : le Rassemblement Démocratique Africain (RDA), le Parti du Regroupement Africain (PRA) et le Mouvement de Libération Nationale (MNL). Les élections de décembre l970 sont remportées par le RDA. Son président, Gérard Kango Ouédraogo, est appelé à former le gouvernement et son secrétaire général, Joseph Ouédraogo, est nommé à la présidence de l'Assemblée Nationale. Le PRA intègre l'équipe gouvernemental avec deux ministres.

Engagés dans la course à la magistrature suprême, prévue en 1975, les deux leaders du RDA ne s'entendent pas. Une crise s'installe à laquelle l'armée met fin en reprenant le pouvoir en février 1974.

Le Gouvernement de renouveau national : 1974-1976

Dès sa création il est confronté à de nombreuses difficultés : la sécheresse, les effets du premier choc pétrolier, le conflit frontalier avec le Mali.

Sur le plan politique ce nouveau gouvernement crée un Conseil Consultatif National pour le Renouveau (CCNR) et institue le Mouvement National pour le Renouveau (MNR) auquel les syndicats s'opposent en réclamant le retour à une vie constitutionnelle normale. Devant la fronde grossissante, le président Lamizana dissous le Gouvernement de renouveau national et constitue un cabinet de transition, lui-même bientôt remplacé par une équipe gouvernementale dite d'union nationale.

Les gouvernements "de transition" et "d'union nationale" :1976-1978

Bien que composée de différentes sensibilités politiques du pays dont des représentants de la chefferie traditionnelle, le gouvernement "de transition" dure moins d'une année. Son règne est marqué par la création d'une Commission spéciale chargée d'élaborer un avant-projet de Constitution. Pour l'essentiel, celui-ci propose : la limitation des partis politiques à trois, selon leurs scores aux élections à venir, et la formation d'un gouvernement d'union nationale qui aurait pour mission de mettre en place les nouvelles institutions prévues. Ce gouvernement est installé en 1977 et, la même année, la Constitution est approuvée par référendum.

La IIIe République : 1978-1980

A la suite des élections législatives d'avril 1978, trois partis viennent en tête : l'UDV-RDA, l'UNDD et l'UPV. Aux présidentielles, en mai de la même année, le président Sangoulé Lamizana , alors général , devient enfin le président de la République démocratiquement élu, après avoir été mis en ballotage. Avec une courte majorité, Gérard Kango Ouedraogo est élu à la tête de l'Assemblée Nationale et Joseph Conombo investi au poste de Premier Ministre.

Issu d'une majorité contestée, le régime fut très tôt confronté à diverses difficultés dont les plus déterminantes sont les luttes syndicales. C'est à l'issue de celles-ci, notamment la grève de cinquante six jours du Syndicat National des Enseignants Africains de Haute-Volta (SNEAHV), qu'un coup d'Etat porte au pouvoir le Comité Militaire pour le Redressement National (CMRPN).

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