La phase d’émergence de systèmes sociaux à formation politiques étatique

Elle s'étale du XII au XVIIè siècle. Ce fut une période de grandes migrations, et surtout de bouleversement politiques sur lesquels se fondent les traditions majeures actuelles.

Les Moosé ou Mossi

Nous avons des traces écrites sur l’histoire des moosé grâce aux sources Arabes : Ta'rikh-al sûdãn et Ta’rîh-al fattãsh. Ils nous renseignent sur des groupes  mossé qui au XIIIè siècle ne s’étaient pas encore fixé sur le territoire actuel du Burkina Faso, et par conséquence, il ne s’agissait pas encore des formations étatiques actuels. Mais ces phases furent décisives dans la formation des royaumes moosé à cause de la nature guerrière et conquérante des Mossi décrits dans les ta’rik.

Certaines traditions font remonter l’histoire des entités mossi actuelles au XIIè siècle, mais les travaux des historiens situent cette histoire au XVè siècle.

Entre le XVè et le XVIIè siècle les conquèrants moosè dont la dernière origine connue se situe dans l’actuel Ghana, créérent des royaumes solides et historiquement établis.

OUEDRAOGO (qui veut dire Etalon), fils de Yennega constitue un symbole et toute l’histoire de la génèse des royaumes mossi actuels. Cet ancêtre des mossi serait le fruit de l’alliance entre Yennega, la princesse guerrière du Dagomba et de Rialé un prince d’origine mandé venu au secours de Yennega dont le cheval s’était emballé. Le fruit de leur alliance donna Ouédraogo en témoignage de l’étalon qui avait conduit Yennega vers Rialé.

OUEDRAOGO règna sur Tenkodogo, le plus ancien des royaumes établis au Burkina actuel. Zoungrana consolida ce royaume. Wubri, dans la lignée fut le plus grand conquérant: il constitua le royaume le plus central : Ouagadougou. Progressivement, les mossi occupent toute la zone centrale de l’actuelle Burkina Faso soumettent et/ou assimilent les peuples qui y vivaient. La limite occidentale du territoire mossi se fixe jusque dans les bordures du Mouhoun actuel (ancienne Volta Noire).

La progression s'est poursuivie jusqu’au Nord où fut fondé le Yatenga.

Les frontières du moogho se stabilisent alors vers le XVIIè siècle jusqu’à la veille de la colonisation française.

Les Gulmanceba ou gourmantché

Plus à l’Est, entre le XVè et le XVIè siècle, les royaumes Gulmanceba ou Gourmantché se développèrent avec l’arrivée des conquérants appelés Burcimba  qui imposèrent progressivement un type de pouvoir central aux anciens occupant appelés Tindano. A l’opposé des moosés qui imposèrent leur langue aux anciens occupants, les conquérants Burcimba adoptèrent la langue de leurs prédécesseurs. Dans cette zone vivaient également les Tankamba établis aujourd'hui au Nord du Bénin.

L’ancêtre mythique le plus connu des Gulmanceba est Jaba Lompo que certains historiens rattachent à la lignée des conquérants mossé.

Progressivement, les Gulmanceba occupent l’est du Burkina actuel soit une superficie de 50.000 km2. On les retrouve également dans l’actuel Niger et au Bénin.

Les Fulsé, les Marka ou Dafing, les Yarcés, les Bobo-Diula, les Diula

Du XVè au XVIè siècle toujours arrivent d’autres bâtisseurs d’Etat et de villes : les Fulsè, les Marka ou Dafing, les Yarcès, les Bobo-Diula, les Diula. Ces trois derniers groupes sont de grands batisseurs de villes et structurent le commerce en diffusant parfois l'Islam.

Au Nord, domaine du Sahel, les Fulfuldé (Peuls), créent des principautés : Royaume du Djelgodji. On trouve aussi les Sonrhaï. Certains forment des colonies de peuplement en Pays moosé où onleur atttribue le nom de Maranse.

Les dernières vagues

Entre le XVIII et le XIXè sècle, la mise en place des peuples de l’actuel Burkina Faso se poursuit. Mais, il ne s’agit pas d’une phase migratoire caractérisée uniquement par la construction d'une formation étatique.

Dans le sud-ouest, les dernières grandes vagues de migrations précoloniales sont constituées par les groupes Lobi-Dagara venant de l'actuel Ghana. Ces groupes sont jaloux de leur organisation sociale non hiérarchisée et réussissent à les préserver jusqu'à la veille de la colonisation. C'est à cette période qu'arrivent également les Gouin et les Turka.

Au XVIIIè siècle, les Wattara de Kong (foyer actuellement en Côte d'Ivoire) tentent de fonder le royaume du Gwiriko dans l'ouest du Burkina.

Un royaume plus réduit, le Kénédougou tente de prendre la relèèe au début du XIXè siècle (1825), mais la résistance des peuples hostiles à la centralisation et surtout la colonisation mirent fin à cette entreprise à la fin du siècle.

 

Synthèse

En résumé, la mise en place des peuples du Burkina Faso n’autorise pas une classification à partir des entités administratives créés par la colonisation. Les principaux courants migratoires selon leur dernière étape de transition, viennent essentiellement du Mali actuel, du Ghana actuel et de la Côte d'Ivoire actuelle.

Les langues parlées par ces groupes sociaux ne correspondent pas non plus aux origines. Ce qui constituent pour le Burkina Faso, sur le plan des traditions, un exemple de synthèse, et une forte tradition d’intégration, et d’innovation culturelle.

La diversité des groupes sociaux est beaucoup plus marquée à l’ouest et au sud-ouest où cohabitent des populations à système social historiquement communautaire, même si on note quelques formations étatiques pendant des périodes historiques courtes. Elles n’ont pas pu se consolider sur la durée.

Au centre par contre, l’homogénéité était plus prononcée et les systèmes sociaux historiquement plus hiérarchisés, ce qui est essentiellement imputable aux mossés.

A proximité d’autres groupes sociaux historiques ont gardé leur autonomie identitaire, mais ont progressivement adopté le modèle hiérarchisé (Bissa); d’autres par contre y sont restés réfractaires (composantes Gourounsi)

A l’est également l’homogénéité est prononcé à cause des Gulmancéba qui ont adoptés un système social historiquement hiérarchisé.

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